• Groupe canadien de recherche en soins intensifs
    Le Groupe canadien de recherche en soins intensifs (CCCTG) est un groupe collaboratif voué à la poursuite de l’excellence et à l’avancement de la recherche en soins intensifs au Canada.
  • Groupe canadien de recherche en soins intensifs
    Plus de 30 programmes de recherche sont en cours au CCCTG et plus de 100 articles évalués par les pairs ont été publiés, toujours avec répercussions directes sur la pratique clinique en soins intensifs.
  • Groupe canadien de recherche en soins intensifs
    Le Groupe canadien de recherche en soins intensifs (CCCTG) est un organisme national de plus 300 membres intéressés à la recherche sur la prise en charge des patients gravement malades.
  • Groupe canadien de recherche en soins intensifs
    Le soutien du CCCTG indique son engagement formel à s’assurer que la recherche sera entreprise avec rigueur et éthique et communiquée en temps opportun, de manière efficace.

Quels sont les critères pour déterminer la mort?

Des recherches récentes du CCCTG visent à comprendre le processus de la mort après que les soins destinés à maintenir le patient en vie soient interrompus.

La mort est un processus qui fait partie de la vie.  Malgré le fait que la mort d’une personne puisse être difficile et triste, cela peut représenter un nouveau départ pour quelqu’un grâce au don d’organes et de tissus.  Lorsque possible, l’opportunité de faire un don d’organes suite au décès devrait être intégré aux soins de fin de vie.  Le bassin de donneurs d’organes s’est élargi au Canada depuis qu’il est possible de faire un don d’organes après le mort cardiocirculatoire.  Ce type de « don après la mort cardiaque (DMC) » peut se faire dans des circonstances bien précises lorsqu’un patient n’a plus aucun espoir de survie lorsqu’on cesse d’appliquer des interventions de survie, et ce même si le patient ne répond pas encore aux critères très rigoureux de mort neurologique (mort cérébrale).

De façon générale, les médecins et le public sont favorables au DMC mais certains enjeux d’ordre éthique et logistique limitent son adoption.  Certaines préoccupations comprennent: la difficulté de prédire lequel des donateurs va mourir dans un délai de temps qui permet de procéder au don d’organes, le manque de consensus des critères qui définissent la mort circulatoire et comment la diagnostiquer, et le désaccord quant à la période d’attente entre l’arrêt de la circulation et le début du prélèvement des organes. Tout délai prolonge la durée où les organes restent sans oxygène augmentant ainsi le risque potentiel de dommages aux organes. Présentement, le temps d’attente pour déclarer la mort circulatoire et de pouvoir procéder au prélèvement des organes est de 5 minutes. Par contre, les critiques du DMC soutiennent la possibilité d’autoréanimation, ou la reprise de la circulation spontanée sans qu’il y ait intervention, comme une raison pour retarder le prélèvement d'organes suite à l’arrêt de la circulation.  Notre revue de la littérature scientifique ne nous a pas permis d’obtenir les preuves suffisantes pour conclure de manière définitive et répondre à ces préoccupations.

Le programme de recherche DePPICt mené par Sonny Dhanani de l'Hôpital pour enfants de l'Est de l'Ontario et de l'Université d'Ottawa, sous l’auspice du Groupe canadien de recherche en soins critiques, vise à fournir des renseignements précieux sur la physiologie de la mort suite à l’interruption des soins de maintien de la vie.  Cette information guidera la pratique du DMC avec comme objectif d’augmenter le taux de don d’organes au Canada.

En 2014, l'équipe de DePPICt a publié les résultats d’une étude pilote dans la révue scientifique Critical Care Medicine.  Cette étude phare portant sur 41 patients a permis de montrer la faisabilité d’observer l'histoire naturelle du processus de mort dans les unités de soins intensifs canadiennes après l’arrêt des interventions de réanimation canadienne.  Ceci c’est fait par la collecte et l'analyse des signes vitaux des patients mourants.  Vous pouvez lire l'article dans Critical Care Medicine en cliquant ici.

En 2014, l'équipe DePPICt a reçu un financement dans le cadre du Programme national de recherche en transplantation du Canada pour une étude plus vaste: « Death Prediction and Physiology after Removal of Therapy (DePPaRT) ».  L'étude DePPaRT, qui est actuellement en cours, va recruter 500 patients dans 13 centres à travers le Canada ainsi que plusieurs centres en République Tchèque et au Royaume-Uni.  L’objectif de cette vaste étude est de documenter la physiologie du processus de la mort et de développer un outil pour permettre aux médecins de prédire le temps entre l’interruption des soins de maintien de la vie et le décès du patient.  L’étude comprend également un volet qualitatif pour examiner le processus de prise de décision entourant le don d’organes ainsi que ce que les membres de la famille ressentent lorsque leur proche devient un donneur d’organes, ou dans le cas échéant, ne puisse faire un don. Les résultats des aspects quantitatifs et qualitatifs de cette étude seront d’une grande importance pour soutenir et guider les politiques sur le DMC à travers le Canada. L'étude DePPaRT cherche à fournir les données probantes requises pour répondre aux enjeux actuels entourant le DMC afin de faciliter son adoption à travers le Canada et ainsi permettre l’accès à un plus grand nombre d’organes pour les patients qui en ont désespérément besoin.

L’étude DePPaRT fourni un autre bel exemple de la contribution de la recherche menée par les chercheurs du CCCTG pour améliorer les soins portés aux patients gravement malades et le potentiel d’avoir un impact favorable sur le système de soins de santé.